Koudougou Gabriel Ilboudo, Président de l’Union Nationale des Coopératives d’Electricité du Burkina

« Courant, c’est courant ! Peu importe qu’il soit sur poteau-bois»

Organisation faîtière créée dans le cadre de la mise en œuvre de l’électrification rurale décentralisée (ERD), l’Union nationale des coopératives d’électricité (Uncoopel) joue le rôle d’interface entre le segment gouvernemental, le Fonds de développement de l’électrification (FDE) et les bénéficiaires. Son bureau exécutif de neuf (9) membres, présidé depuis 2009 par  Koudougou Gabriel Ilboudo, apporte sa contribution à la réussite du processus dont le point d’orgue est la réalisation d’un taux national de couverture de 60% à l’horizon 2015. Agent des douanes à la retraite, ce sexagénaire bénévole passe en revue l’opération «Electricité pour tous» en mettant en exergue ses acquis et ses insuffisances ainsi que les opportunités de développement offertes aux zones reculées par cette nouvelle approche.

 

Sidwaya (S.) : Quelle est l’appréciation du président de l’Uncoopel que vous êtes  sur la politique d’électrification rurale en cours actuellement au Burkina Faso ?

Koudougou Gabriel Ilboudo (K.G.I.) : A mon humble avis, le processus d’électrification rurale n’a pas été bien coordonné au départ. Il a semblé une sorte d’antagonisme entre les activités de la Sonabel, l’opérateur historique et les interventions du FDE dont les interventions portées sur l’autre segment concerne les zones rurales particulièrement. Il fut un temps où  les populations ont cru à une sorte de concurrence entre ces deux maillons d’un même système visant à accroître la couverture électrique. Il eut fallu apporter une assurance autour de cette incompréhension et cette mauvaise lecture à la base. Ce vide n’ayant pas été comblé de sitôt, la machine a innocemment paru avec une grippe.

Néanmoins, depuis que le directeur général de la Sonabel a été porté à la tête du département, il est en train de travailler à dissiper cette mauvaise lecture dans la mise en œuvre du programme national d’électrification rurale. Il ne cesse de rappeler aux uns et aux autres que c’est une volonté du gouvernement sous-tendue par deux structures dont les missions sont clairement définies et leurs actions se mènent dans une synergie. Mais depuis que le Directeur de la SONABEL été nommé ministre il a multiplié les réunions et aujourd’hui on peut se réjouir un temps soit peu. Sa sincérité exprimée au plus haut a doublement mis les pendules à l’heure et arrêter une certaine hypocrisie.

Désormais, le Programme s’est entouré des forces réelles d’un duo et d’un tandem de plus en plus remarqués sur le terrain. Les deux structures se donnent les coudées franches pour réussir l’opération. Cette collaboration réelle mue d’une assistance mutuelle  conforte les appuis aux bénéficiaires de l’électrification rurale en matière de gestion financière et de soutien technique. Cela les a rassurés et leur a redonné une certaine confiance.

 

S. : A quel niveau se situerait la contribution de l’Uncoopel à l’atteinte du taux national de couverture électrique de 60% prôné par le gouvernement  à l’horizon 2015 ?

K.G.I. : Notre union est un partenaire privilégié du FDE qui est le bras armé du gouvernement dans la mise en œuvre du Programme. Il n’y a pas une seule de nos initiatives qui échappe au Fonds. Les deux entités agissent dans une même dynamique. Notre contribution est à cheval entre le boulot confié à la Sonabel et celui du FDE, les deux figures de proue. A chaque fois qu’une session est organisée, l’union  invite le Fonds et la Sonabel à partager avec elle leurs expériences dans une perspective d’un meilleur partenariat pour des résultats communs.

Nous ne cessons de plaider notre cause en vue d’atteindre une bonne gestion de l’électricité. D’ores et déjà, l’électrification des trente-cent deux (302) localités ne sera un chantier aisé que s’il existe une collaboration franche entre les différentes structures impliquées. Mieux vaut prendre le temps en analysant les compteurs financiers avec les partenaires. Ce n’est pas un secret que FDE éprouve actuellement des difficultés sur le terrain à cause du nombre élevé des localités qui frappent à sa porte. En toute responsabilité, notre union jouera sa partition tout en espérant que l’ensemble des actions autour de l’électrification rurale obéit à une synergie, à une harmonie et à une symbiose.

S. : Comment entrevoyez-vous l’avenir de l’électrification rurale au Burkina Faso ?

K.G.I. : L’électrification rurale a un bel avenir au Burkina Faso. Vu l’adhésion des populations, le processus est irréversible. Ce sera une catastrophe si le programme s’arrêtait. C’est un véritable levier de développement et toutes les localités rurales expriment un besoin croissant. En témoigne, le nombre important de bénéficiaires enregistré depuis 2005, date de lancement effectif de l’opération et  celui sans cesse croissant des nouveaux demandeurs. Il y a un engouement certain. L’électrification rurale est une perche tendue dont il serait très difficile de retirer. Tous les pans du développement ont trouvé là un véritable tremplin pour entraîner le progrès sous tous ses aspects. Et cela nécessite certes des investissements colossaux mais aussi une démarche adaptée à notre réalité socio-économique. Le gouvernement s’efforce autant que faire se peut avec ses partenaires au développement.

S. : Quels sont les défis qui se posent à votre association au fur et à mesure de l’évolution du processus d’électrification rurale ? 

K.G.I. : Les Coopel sont confrontées à des défis énormes. Au-delà des compétences humaines et techniques qui leur manquent de façon criante, elles doivent faire face à un besoin sans cesse croissante de l’offre. Toutes les études de faisabilité menées au départ sont dépassées dans la quasi-totalité des localités éclairées aujourd’hui. Il faut bien réfléchir au revers de ce succès et trouver rapidement un palliatif. Car cela est source d’incompréhension et de grogne. L’activité des Coopel repose sur du volontariat. Sur un bureau de douze personnes, le travail est supporté le plus souvent par quelques trois ou cinq membres au plus. C’est insupportable quelle que soit leur bonne volonté. Car quand une Coopel atteint cinq cent (500) membres, elle devient une structure lourde.

L’idéal serait qu’en ce moment, le FDE se concerte avec la SONABEL pour englober certaines activités de ces coopératives. Les dossiers dépassent et étouffent l’action des Coopel. Un appui de la Sonabel dans la maîtrise de la clientèle abonnée serait salutaire pour minimiser un tant soit peu les interventions des fermiers qui coûtent de plus en plus très cher. Dans le contexte actuel, il s’avère impossible d’imaginer un plan d’investissement bancable pour accroître les équipements et satisfaire la demande.  Nous sommes en train de réfléchir avec la Banque régionale de solidarité (BRS) sur la possibilité d’ouvrir une ligne de crédit pour les Coopel afin qu’elles puissent procéder à leurs extensions.

S. : Comment jugez-vous votre partenariat avec le Fonds de développement de l’électrification (FDE), cheville ouvrière du processus de vulgarisation de l’énergie électrique au Burkina Faso ?

K.G.I. : Les Coopels existent tout simplement parce que le FDE a été créé. Elles  sont une émanation de ce deuxième segment de la politique nationale d’électricité. Les coopératives d’électricité sont une trouvaille propre au Burkina Faso pour susciter l’adhésion des populations à l’opération et rechercher leur implication durable à l’opération dans un souci de pérennisation des investissements. Le FDE joue le double rôle d’agence et de fonds. L’activité des Coopel dépend de son action. Jusque-là les rapports sont empreints de franchise pour gagner le combat de l’éclairage des zones rurales. Le Fonds met tout en œuvre pour assurer le bon fonctionnement des coopératives. Aucune difficulté n’est venue un seul jour remettre en cause cette bienveillance à notre égard. Notre Union est du conseil d’administration du FDE. A ce titre, elle donne son avis sur les délibérations.

Si la collaboration avec le Fonds est franche, c’est au niveau relations avec les autres acteurs que les vrais problèmes subsistent cependant. D’abord, les contrats  avec les bureaux d’études sont signés entre eux et le FDE courent généralement sur six (6) mois. Puis, ceux liés au financement se conclus entre  le Fonds et les Coopel. Ensuite, il y a l’attribution des travaux à l’entreprise chargée de l’exécution. Enfin, l’établissement d’un partenariat d’exploitation avec un fermier. Il arrive souvent que les maillons de cette chaîne ne parlent pas le même langage. Avec des risques de défaillances et des abandons de chantier.

Depuis les expériences malheureuses de Saponé ou de Titao, de nombreuses Coopel tiennent à prendre leurs affaires en main. Nous sommes d’avis que les équipements coûtent très cher et pour ce faire, le ministère entend les sécuriser en créant une gestion partagée avec des professionnels mais il sied après tant d’années d’expériences de mettre des garde-fous pour éviter que le programme ne soit accaparé par des arrivistes, des entreprises sans expertise avérée qui peuvent conduire à l’interruption ou à l’échec de l’opération ou saper l’œuvre des Coopel.

S. : Quels sont succinctement les victoires que vous aviez pu engranger au fil du temps ?

K.G.I. : L’existence d’une organisation faîtière telle l’Uncoopel a l’avantage d’entretenir un dialogue permanent avec les parties prenantes à l’opération. Nous sommes l’interface entre les populations bénéficiaires et les structures du gouvernement. Pour cela, nous portons les difficultés à leur connaissance et nous nous  impliquons suivant un élan participatif à la recherche des solutions. Nous participons au Casem du ministère de l’Energie et sommes membres du conseil d’administration du FDE et de bien d’autres instances. Cette démarche a permis d’aplanir bien de divergences.  Au début, les factures de la Sonabel à l’endroit des Coopel incluaient la TVA. Non seulement, notre union est parvenue à surseoir à cette taxe mais aussi elle a obtenu une harmonisation du tarif de kwh à 75 F CFA comme cela est pratiqué dans la tarification de la Nationale d’électricité.

Nous avons aussi obtenu que le gasoil utilisé par les coopel disposant de groupes électrogènes diesel soit subventionné à hauteur de 80% par l’Etat. C’est une réalité aujourd’hui même si cela ne parvient pas toujours à mettre les utilisateurs à l’abri d’éventuelles ruptures de carburant dues à un manque de prévisions.  Cela continue de constituer un fardeau pour le consommateur.

Il en est de même de l’appui budgétaire plus substantiel dont l’Uncoopel bénéficie actuellement. Il est passé de 25 millions F CFA à 30 millions F CFA. Cette augmentation résulte  des négociations savamment engagées par l’Union afin de disposer d’assez de ressources pour entreprendre davantage le renforcement des capacités des populations. Le volet « renforcement de capacités » de nos membres a reçu l’assentiment de la Banque mondiale qui a consacré des ressources pour des formations très utiles aux Coopel.

Dans la même dynamique, nous envisageons de lancer la réflexion autour  d’une centrale d’achat et  de pouvoir bénéficier des exonérations du matériel (compteurs, câbles..). Nos interlocuteurs nous ont toujours accordé une oreille attentive. Seulement, les capacités de notre bureau exécutif ne permettent pas de s’engager sur autant de fronts avec la détermination qui sied et une espérance avérée de résultats à court terme. J’avoue que c’est difficile. Il faut songer à établir un équilibre entre l’immensité de la tâche et la consistance en termes de compétence de la branche opérationnelle de l’Union.

S. : Comment avez-vous entrepris de gérer le problème d’arriérés de règlement des factures des services publics dont de nombreuses Coopel semblent souffrir ?

K.G.I. : Le gouvernement a tenu parole. Le problème des arriérés a été résolu dans la sérénité. Le gouvernement a pris la mesure de leur impact négatif sur les activités des Coopel et s’es engagé à apporter une réponse appropriée. D’ici la fin de ce mois (NDLR : février 2012), cette doléance trouvera satisfaction. Le ministère des finances le FDE  se sont accordés d’effectuer des missions de prospections pour toucher du doigt la réalité. A l’issue de cette tournée, le ministre a donné l’ordre de verser les arriérés dus aux Coopel concernés. A l’époque, les impayés s’élevaient à soixante dix (70) millions environs F CFA. Le ministère s’est donné le temps de vérifier les structures publiques qui ont droit à un branchement et celles qui ne peuvent pas en bénéficier de la part du budget de l’Etat. Cette fouille a été menée de concert avec l’Uncoopel et les choses sont en train de rentrer dans l’ordre. Alors, c’est un ouf de soulagement pour certaines coopératives qui en ont tant souffert. Elles pourront reprendre convenablement leurs activités.

S. : Quels enseignements tirez-vous du cas spécifique de Batié dans le Sud-Ouest qui ne cesse de défrayer la chronique ?

K.G.I. : Quand le problème de Batié est survenu, l’Union y a dépêché une mission de concert avec le FDE. Nos émissaires ont pris part à l’assemblée générale dont les voies et les moyens étaient en cours pour les recommandations. Que les membres de la Coopel locale nous écrivent à la dernière minute pour signifier que « dorénavant, Sonabel ou rien parce que Batié est un chef-lieu de province », c’est vraiment difficile, pour nous, de comprendre les vrais dessous des revendications. Car à part le cas isolé de Batié, des chefs-lieux de province tels Ouargaye, Sapouy, Solenzo doivent leur électricité à l’action des Coopel. Les Coopel fonctionnent pour l’instant comme les centrales de la Sonabel à leur début c’est-à-dire moins de 24 heures de fourniture d’électricité. Des réflexions sont en cours pour établir une adéquation entre l’offre et la demande. Tel est notre souhait. Il faut adapter les équipements dont l’acquisition initiale s’est appuyée sur une étude de faisabilité qui n’est plus d’actualité. Cela demande des investissements supplémentaires et il faut de la patience. S’il y a un idéal poursuivi par l’union, c’est d’œuvrer à asseoir l’énergie électrique partout en abondance et en permanence dans les zones rurales. Mais hélas ! A l’impossible, nul n’est tenu.

S. : Quel est votre avis personnel sur le prétexte de poteaux-bois notamment mis de plus en plus en avant par les populations pour refuser des installations ?

K.G.I. : Ces prétextes relèvent d’une étroitesse d’esprit entretenue par des prétendus intellectuels de la ville pour saper l’œuvre de développement du gouvernement et le désir d’épanouissement socio-économique des populations. Il n’y a aucun problème à ce que le courant  électrique soit porté par des poteaux-bois d’autant plus que le programme d’électrification rurale s’inscrit dans un souci de réduire les coûts. Et cette option est une alternative intéressante. A dire vrai, les préoccupations des populations se résument à l’accès ou à la facilitation d’accès à l’énergie électrique à travers une adéquation permanente de l’offre et de la demande.

Le reste n’est que le reflet d’une exploitation malsaine d’une œuvre dans laquelle elles sont souvent prises en étau, ne mesurant pas toujours les tenants et les aboutissants. Un simple aperçu dans la sous-région et l’on se rendra compte que le Burkina Faso a même tardé à emprunter l’alternative des poteaux-bois. Des pays nantis comme la Côte D’Ivoire ou le Ghana s’en inspirent depuis longtemps. Pourquoi pas le nôtre ?  C’est de la manipulation malsaine sous-tendue par des desseins inavoués qui sont contre la quête du bien-être des populations.

A Mogtédo, les poteaux sont en bois et cela n’empêche cette localité de se positionner comme une commune en pleine expansion depuis son éclairage.  L’électricité transfrontalière qui dessert le Nahouri à partir du Ghana est tenu par du bois, … Malgré l’intégration de Boussé dans le réseau Sonabel au terme de plusieurs remous, les poteaux-bois demeurent.  Lorsqu’on ne dispose pas d’assez de moyens pour combler ses besoins de développement, il faut savoir saisir les opportunités du moment. Les alibis utilisés pour refuser les poteaux-bois ne tiennent pas debout. Ils sont souvent fondés sur des comparaisons infantiles et dangereuses pour la nation. Courant, c’est courant. Et c’est ce que les populations veulent et réclament. Nous suggérons seulement que les bois utilisés dans les poteaux soient de qualité pour allier quiétude et durabilité.

S. : Dans le souci de parfaire la mise en œuvre de l’électrification rurale au Burkina Faso, quel message lancez-vous à l’endroit des parties prenantes au processus ?

K.G.I. : Il faut se convaincre que le programme d’électrification rurale est irréversiblement lancé au Burkina Faso. Cela suscité un réel espoir pour les populations rurales qui voient leurs attentes se combler au fil de sa mise en œuvre. Seulement les chantiers semblent très énormes et les moyens font défaut. Notre souci de participer activement à la réussite de l’opération peut être entravé par l’insuffisance des ressources. En tant que président de l’organisation faîtière, c’est d’adresser un plaidoyer aux partenaires au développement afin qu’ils multiplient leurs soutiens à l’endroit des Coopel et de l’Union. A lui seul, le FDE risque un jour de s’essouffler, sous le poids de nos doléances.

La Banque mondiale tente d’apporter son concours à sa manière et d’autres institutions ont promis de mettre la main à la pâte. C’est le lieu de leur demander de hâter le pas s’ils ont à cœur le gain de la bataille contre l’obscurité dans un proche avenir au Burkina Faso. Nous mettons l’accent sur la sensibilisation des populations pour qu’elles comprennent, une fois pour toute, qu’il n’y a aucune différence entre la Sonabel et le FDE. Ce sont des maillons d’une même ambition gouvernementale.

S. : Comment avez-vous accueillez du 13 au 17 février 2012, le séjour de six membres du Club «ER» venus s’inspirer de l’expérience burkinabè en matière d’électrification rurale ?

K.G.I. : Lors de leur séjour au Burkina Faso, les représentants des six pays membres du club «ER» ont été effectivement reçu à notre siège. Ils ont été très intéressés du mode d’organisation et de fonctionnement de notre Union ainsi que des efforts consentis par nos membres pour assurer leurs missions. Nous nous sommes sentis honorés à plusieurs titres.

Malgré les insuffisances et les faiblesses de notre Programme que nous n’ignorons pas, il y a néanmoins de réels motifs de satisfaction au point que notre pays soit cité en exemple sur le continent. Tout Burkinabè devrait se sentir fier devant une telle reconnaissance extérieure. Les missionnaires se sont aussi rendus à Saponé dont je suis le président de la Coopel.  Ils ont eu des séances fortes enrichissantes de discussion intenses avec les membres du bureau, le personnel d’appui et les techniciens. La méthode burkinabè pour conduire l’opération et ses innovations les ont seulement épatées.

Les membres du club «ER» n’ont pas manqué de reconnaître que nous sommes en avance sur leurs pays respectifs et promis de mettre à profit les enseignements de leur séjour pour améliorer le système en place chez eux. Particulièrement, ils ont été émerveillés par l’utilisation du système SWER et la méthode du fil de garde isolé perçus des technologies d’avant-garde. Même le poteau-bois que nous refusons a vu ses vertus mises en exergue par nos visiteurs qui les utilisent à grande échelle dans leurs pays.  Nous sommes contents de ces lauriers mais nous allons refuser de dormir dessus car nombreux sont encore les défis à relever.

 

S. : Comment avez-vous accueillez du 13 au 17 février 2012, le séjour de six membres du Club «ER» venus s’inspirer de l’expérience burkinabè en matière d’électrification rurale ?

K.G.I. : Lors de leur séjour au Burkina Faso, les représentants des six pays membres du club «ER» ont été effectivement reçu à notre siège. Ils ont été très intéressés du mode d’organisation et de fonctionnement de notre Union ainsi que des efforts consentis par nos membres pour assurer leurs missions. Nous nous sommes sentis honorés à plusieurs titres.

Malgré les insuffisances et les faiblesses de notre Programme que nous n’ignorons pas, il y a néanmoins de réels motifs de satisfaction au point que notre pays soit cité en exemple sur le continent. Tout Burkinabè devrait se sentir fier devant une telle reconnaissance extérieure. Les missionnaires se sont aussi rendus à Saponé dont je suis le président de la Coopel.  Ils ont eu des séances fortes enrichissantes de discussion intenses avec les membres du bureau, le personnel d’appui et les techniciens. La méthode burkinabè pour conduire l’opération et ses innovations les ont seulement épatées.

Les membres du club «ER» n’ont pas manqué de reconnaître que nous sommes en avance sur leurs pays respectifs et promis de mettre à profit les enseignements de leur séjour pour améliorer le système en place chez eux. Particulièrement, ils ont été émerveillés par l’utilisation du système SWER et la méthode du fil de garde isolé perçus des technologies d’avant-garde. Même le poteau-bois que nous refusons a vu ses vertus mises en exergue par nos visiteurs qui les utilisent à grande échelle dans leurs pays.  Nous sommes contents de ces lauriers mais nous allons refuser de dormir dessus car nombreux sont encore les défis à relever.

Interview réalisée par Enok KINDO & Alban KINI